Le gueblo du Cobab

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Intox et foutage de gueule : on en a vu d'autres !

Les télés et radio le répètent en boucle (c'est donc faux) : les Don Quichotte plient les tentes en remerciant le gouvernement. Bien entendu et comme d'hab', c'est plus complexe et c'est pas fini.

On se méfiait bien un peu de ces illustres inconnus lançant une opération médiatique à la fois revendicative et compassionnelle ; mais même sans les croire plus stratèges qu'il n'est nécessaire, on pouvait les espérer plus opiniâtre.

Évidemment, Augustin, qui avait d'autres obligations et ne pouvait rester, n'a pas appelé à lever immédiatement les campements comme l'on unanimement affirmé les menteurs (le texte de la dépêche est, comme souvent, un démenti partiel du titre) ; il a néanmoins, d'une part, affirmé que « la crise était passée » et, surtout, utilisé une formulation qu'on croirait prévue pour être tronquée[1]. Ça rappelait fortement certains syndicalistes récents acceptant l'inégalité des chances…

À Paris, le fait est que l'ambiance devenait de plus en plus pourrie — entre le désir d'autonomie, fort compréhensible, de beaucoup, le greffage sauvage d'autres, et la gestion pour le moins brutale des « organisateurs officiels », on sentait le clash venir. Si la farce du « droit opposable » a largement fait long feu par son vide presqu'absolu, provoquant les gorges chaudes des libéraux, justifiées ensuite comme prévu par le détail des dispositions prévues[2], il semble bien que l'annonce de 27 000 place pour 2012, ajoutée à la lassitude des initiateurs qui croyaient pouvoir rester organisateurs, ait suffi pour aboutir à cette fausse bourde, en pleine phase d'amplification du mouvement.

__Je tiens en tout cas à féliciter les Enfants de Don Quichotte d'avoir lancé cette intiative -- et je ne leur jette pas la pierre de n'avoir tenu que quatre semaines (de campement : mais la préparation a duré deux mois où ils se sont mis à la rue sans télé). Cela dit, s'ils n'avaient pas autant tenu à tout maîtriser de bout en bout, à interdire autant que possible la politique tout en accueillant les politiciens, ils auraient pu rentrer se doucher (ou bosser) sans se sentir obligés de tout plier derrière eux.

En tout état de cause, ON CONTINUE : je rappelle que ce droit opposable n'était s'un article de la Charte du canal Saint-Martin[3], laquelle réclame entre autres :

  • L'ouverture des centres d'hébergemnt 24 h / 24, 365 jours par an (et non 24 h/ 24 le ouiquende comme propose le gouvernement) ;
  • La fin des renvois à la rue après un hébergement d'urgence ;
  • l'application de la loi de réquisition[4] ;
  • la création de nouveaux logements[5]

C'est l'ensemble de ces revendications qu'il s'agit d'imposer. Et c'est pourquoi, à Paris comme à Lyon ou Barcelone, les campements vont durer : parce que les gens n'ont pas de maison.

Notes

[1] On peut dire « les tentes seront pliées au fur et à mesure des relogements », et être sûr de perdre son complément circonstanciel ; on aurait pu dire « nous ne plierons les tentes que… ».

[2] Lire du même indispensable la synthèse du vent, et pour les courageux ou connaisseurs l'analyse détaillée du pet

[3] ilest vrai rédigée et adoptée par bien plus de personnes que les seuls Don Quichotte…

[4] laquelle est votée depuis jolie lurette et ne demande que décrets et consignes au préfets ; par ailleurs elle vise les propriétaires institutionnels et non les accapareurs de quartier sur lesquels voudrait nous fare pleurer Éolas.

[5] Il fut une époque, horrible d'ingérence providentio-étatique dans le marché immobilier, où l'épagne populaire, par le livret A, servait à la Caisse des dépôts à soutenir les offices HLM qui construisaient… Aujourd'hui heureusement, le marché du logement est libre, l'épargne populaire est placée en bourse pour servir aux spéculations genre Crédit lyonnais, les offices HLM vendent leurs appartements au prix du marché grâce aux prêts garantis par l'État, et les employés de mairie dorment dehors. C'est ce qu'on appelle l'efficacité du marché.

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