Expulsions encore : Žmotion et mobilisation
Par Cobab, samedi 24 septembre 2005 à 07:59 :: Politique et sociŽtŽ :: permalien #18
Le dŽsormais fameux billet d'Éolas sur les Eduardo passe de blogue en blogue, et la solidaritŽ s'exprime. Plusieurs blogues peu habituŽs ˆ parler politique, mais animŽs d'un humanisme vŽritable, s'inquitent de cette barbarie lŽgale. Cette solidaritŽ doit trouver les voies d'une action rŽelle pour la faire cesser.
Samantdi, entre autres, fournit l'adresse du rŽseau Ç Éducation sans frontires È (ce que j'aurai du faire depuis longtemps Ñ ˆ ma dŽcharge, je suis assez ŽloignŽ du monde Žducatif) et appelle ˆ signer la pŽtition pour la famille Makombo, de Sens. Kozlika notre muse ˆ tous s'indigne du choix laissŽ aux parents : abandonner ses enfants ou les emmener avec eux vers un avenir de violence. Xave a peur de Sarko : il est vrai que mme Pasqua ne s'Žtait pas permis de donner des objectifs chiffrŽs aux prŽfets. Nonal relaie Xave, et sa comparaison avec Guy Effeye fait entrevoir un moyen concret de s'opposer ˆ ces expulsions : la mobilisation (communautŽ Žducative, quartier, pourquoi pas collgues de travailÉ). Ricou et Veuve Tarquine relaient Žgalement les histoires de Guy et Eduardo.
On ne peut que se fŽliciter de cette rŽaction Ç massive È (relativement aux bloguesÉ), qui peut reflŽter un mouvement d'opinion rŽel dans notre pays Ñ le plus rassurant Žtant la diversitŽs des opinions politiques et des positions sociales de ces personnes : la nature mme du blogue fait que les blogueurs se recrutent essentiellement dans les couches Ç moyennes et supŽrieures È au plan Žconomique ou au plan de l'instruction Ñ en tout cas mieux armŽes sur un (ou les deux) de ces plans que l'ouvrier pas ou peu qualifiŽ. Ë part les profs, qui ont d'excellentes raisons personnelles et professionnelles ˆ la fois de conna”tre les problmes et de s'en inquiŽter, et les avocats, que l'Žvolution de la loi inquitent depuis longtemps, on n'entendait gure d'inquiŽtudes ˆ propos des sans-paps venant de ces milieux. Il est donc possible que face aux outrances sarkozardes, on assiste ˆ un peu plus qu'un frŽmissement dans l'opinion. (Je prŽcise que ce sentiment se base aussi sur d'autres indices dans la vraie vie, heinÉ[1]).
Il ne faut pas tenter de cacher la nature, les limites, les raisons de ce mouvement, en faire par exemple une progression de la revendication de rŽgularisation massive. Il serait malhonnte vis-ˆ-vis par exemple des personnes citŽes plus haut de leur faire endosser cette revendication qui n'est absolument pas la leur pour pas mal d'entre eux. Et ce serait aussi, de la part de ceux qui s'y reconnaissent, mŽconna”tre la situation et prendre ses dŽsirs pour des rŽalitŽs.
Car les motivations de ces rŽactions sont en gŽnŽral d'ordre humanitaire (ce qui est tout-ˆ-fait louable et respectable, n'y voyez aucune attaque ![2]) Ñ c'est l'inhumanitŽ de ce que l'on fait vivre ˆ ces familles au nom de la France. Que ce soit l'histoire d'un enfant de neuf ans Ñ et non des considŽrations Žconomiques (via Patrick), des pŽtitions politiques de principe, etc. Ñ qui aie permis cette irruption de la question des sans-paps sur les blogues est ˆ cet Žgard significatif[3]. Cette inhumanitŽ est aujourd'hui effectivement une urgence humanitaireaine, et il serait catastrophique et irresponsable d'instrumentaliser ce bel Žlan de solidaritŽ, sur le mode Ç enfin l'occasion de faire avancer nos idŽes È. (Ce qui ne m'empchera pas bien entendu de m'exprimer, de discuter, comme d'habitude.) Les seuls qui doivent profiter de cet Žlan, ce sont bien tous les Eduardo qui vivent ou vivront ce qu'a rapportŽ Éolas.
L'histoire de Guy Effeye montre ce qui marche : la mobilisation. C'est ˆ nous qu'il appartient d'empcher cette barbarie, y compris en s'opposant physiquement aux expulsions, y compris en soustrayant ˆ la police les personnes menacŽes. (Cela peut aussi simplement consister ˆ prŽvenir un maximum de gens et ˆ rester tŽmoin devant une rafle, par exemple Ñ elles se multiplient depuis cet ŽtŽ.) Ç Quand la loi impose de choisir entre la misre ou la prison, et va contre les intŽrts objectifs de l'Žconomie du pays, aucun respect rŽvŽrentiel n'est dž ˆ cette loi. Ni surtout ˆ ceux qui l'ont votŽ et ont osŽ y accoler leur nom. È, Žcrit Éolas. La mobilisation collective de l'entourage des personnes menacŽes est la seule chose qui puisse freiner, dans l'immŽdiat, les expulsions, et ˆ terme de modifier la loi.
J'invite donc tous ceux qui partagent les sentiments dŽcrits ˆ participer dans la mesure de leur moyen et de leur temps aux actions concrtes de solidaritŽ, ˆ Paris, ˆ Sens et ailleurs. Il s'agit d'une urgence humaine ; le soutien politique aux sans-papiers[4], le dŽbat sur la politique de l'immigration, c'est autre chose. Dont nous pouvons parler[5], mais qui ne doit pas freiner la mobilisation.
Notes
[1] par exemple, le PCF prend (enfin !) une attitude offensive sur la question, qui contraste avec le soutien lointain habituel.
[2] D'ailleurs, vu l'ampleur de la solidaritŽ ouvrire pour les sans-paps, la solidaritŽ de classe n'a pas de leons ˆ donner ˆ l'humanisme, mme le plus abstrait, surtout religieux.
[3] et qu'Éolas en soit la source est une nouvelle preuve, s'il Žtait besoin, de son talent.
[4] Je ne rŽitre pas l'annonce de la manif, voir billet prŽcŽdent.
[5] Aprs l'angle des principes, bient™t un billet sous l'angle Žconomique, gr‰ce ˆ Patrick.
Commentaires
1. Le samedi 24 septembre 2005 à 14:32, par samantdi
2. Le mercredi 28 septembre 2005 à 20:23, par Cobab
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