Le gueblo du Cobab

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Les pillards et les forces de l'ordre ˆ la Nouvelle-OrlŽans Ñ tŽmoignage

Il circule sur la Toile anglophone un texte signŽ Larry Bradshaw et Lorrie Beth Slonsky, paramedics urgentistes, rescapŽs de Katrina. Le texte se trouve en anglais ici, , lˆ aussi, et en plein d'autres endroits. Le blogue de Pascal RichŽ et Laurent Mauriac, correspondants de LibŽ, en parle Žgalement. J'en ai reu une tradal par l'intermŽdiaire de Jimmy Gladiator, que je vous livre en la corrigeant un peu.

Je ne comptais pas aborder le sujet, parce que ce qu'il y avait ˆ en dire, d'une part semblait dŽrisoire, d'autre part me semblait dŽjˆ dit. Ë peine m'Žtais-je permis un commentaire chez Hugues ˆ propos des Ç pillards È. Il ne s'agissait que d'une simple rŽflexion en passant, basŽe sur le bon sens. Il appara”t que les choses se sont passŽes de manire bien pire que ce que je ne l'imaginaisÉ

Comme le texte est long, surtout pour la Toile, je me suis permis de passer certains passages en gras Ñ cela me semble plus respectueux que de chercher, par exemple, ˆ l'illustrerÉ

Les vrais hŽros et hŽroïnes de la Nouvelle-OrlŽans

Deux jours aprs que l'ouragan Katrina eut frappŽ la Nouvelle-OrlŽans, le magasin de Wallgreen ˆ l'intersection des rues Royal et Iberville dans le quartier franais resta fermŽ ˆ clŽ. La section des produits laitiers Žtait visible depuis les vitrines. Cela faisait 48 heures sans ŽlectricitŽ et sans eau courante. Le lait, les yoghourts et les fromages Žtaient en train de pourrir sous une chaleur de quarante degrŽs celsius.

Les propriŽtaires et les gŽrants avaient enfermŽ la nourriture, l'eau, les couches et les ordonnances et fui la ville. Devant les vitrines de Wallgreen, la faim et la soif des rŽsidants et des touristes grandissaient. L'aide promise par les gouvernements fŽderal, Žtatique et local ne s'est jamais materialisŽe et les vitrines de Walgreen ont ŽtŽ dŽfoncŽes par les pillards.

Il y avait une alternative. Les flics auraient pu casser une petite vitrine afin de distribuer les cacahutes, les jus de fruits et l'eau en bouteille d'une manire organisŽe et systŽmatique. Mais ils ne l'ont pas fait. Au lieu de a, ils ont passŽ des heures ˆ jouer au chat et ˆ la souris, chassant momentanŽment les pillards.

[paragraphe mal traduit par Cobab] Nous avons ŽtŽ finalement ŽvacuŽs par les airs de la Nouvelle-OrlŽans il y a deux jours [soit le 4 septembre, NdC] et sommes arrivŽs ˆ la maison samedi. Il nous reste encore ˆ regarder une des couvertures tŽlŽvisŽes ou ˆ lire un journal. Nous prts ˆ deviner [We are willing to guess] qu'il n'y avait pas d'image vidŽo ou de photo de couverture d'EuropŽens ou de riches touristes blancs pillant le Walgreen dans le quartier franais.

Nous suspectons aussi les mŽdias d'tre inondŽs d'images hŽroïques des gardes nationaux, des soldats et des policiers luttant pour aider les Ç victimes È de l'ouragan. Ce que vous ne verrez pas, ce dont nous avons ŽtŽ tŽmoins, c'est que les vŽritables hŽros et les hŽroïnes de l'effort pour rŽsoudre les problmes de l'ouragan ont ŽtŽ : la classe ouvrire de la Nouvelle-OrlŽans.

Les ouvriers du b‰timent qui utilisrent un fenwick pour transporter des malades et des handicapŽs. Les ingŽnieurs qui dŽmarrrent et entretinrent des gŽnŽrateurs. Les Žlectriciens qui ont improvisŽ des cordons d'extension ˆ travers les quartiers pour partager le peu d'Žnergie disponible afin de libŽrer des voitures coincŽes sur les toits des parkings. Les infirmires qui ont pris en charge des ventilateurs mŽcaniques et qui ont passŽ des heures ˆ forcer manuellement de l'air dans les poumons des patients sans conscience pour les garder vivants. Les grooms qui sauvrent des gens coincŽs dans les ascenseurs. Les ouvriers des raffineries qui sont entrŽs dans les entrep™ts des bateaux, Ç volant È ceux-ci pour sauver leurs voisins agrippŽs aux toits dans les eaux de l'inondation. Les mŽcaniciens qui aidrent ˆ dŽmarrer toutes les voitures trouvables pour acheminer des gens en dehors de la ville. Et les ouvriers de restauration qui rŽcupŽrrent tout ce qu'ils pouvaient pour improviser des repas communaux pour des centaines des personnes abandonnŽes.

La majoritŽ de ces ouvriers avait perdu leurs maisons et n'avait pas eu de nouvelles de leurs familles, mais ils restrent et ils donnrent la seule infrastucture pour les 20 % de la ville qui n'Žtait pas submergŽe par les eaux.

 

Le deuxime jour, nous Žtions approximativement 500 ˆ tre restŽs dans les h™tels du quartier franais. Nous Žtions un mŽlange de touristes Žtrangers, de participants aux confŽrences (comme nous deux) et de natifs de la ville en qute de sŽcuritŽ ˆ chercher refuge dans les h™tels.

Certains d'entre nous avaient un contact par tŽlŽphone portable avec de la famille et des amis en dehors de la Nouvelle-OrlŽans. Ils nous ont dit encore et encore que toutes sortes de ressources, y compris la Garde nationale et plusieurs vingtaines d'autocars, arrivaient en ville. Les autocars et les autres ressources devaient tre invisibles car personne d'entre nous ne les a jamais vues.

Nous avons dŽcidŽ de nous sauver nous-mmes. Alors, nous avons mis en commun notre argent et avons rŽservŽ 25 000 $ pour faire venir dix autocars qui nous sortiraient de la ville. Ceux qui n'avaient pas les 45 $ nŽcessaires pour le billet Žtaient subventionnŽs par ceux qui avaient plus d'argent.

Nous avons attendu les autocars 48 h, en passant les douze dernires heures dehors, partagant le peu d'eau, de nourriture et de vtements ˆ notre disposition. Nous avons crŽŽ une zone d'embarquement prioritaire pour les malades, les vieux et les nouveaux-nŽs. Nous attend”mes jusque tard dans la nuit l'arrivŽe Ç imminente È des autocars. Ils ne sont jamais arrivŽs. Plus tard nous avons appris qu'ˆ la minute o ils arrivrent aux limites de la ville, ils furent rŽquisitionnŽs par l'armŽe.

Le jour 4, nos h™tels n'avaient plus ni pŽtrole ni eau. L'hygine Žtait dangereusement mauvaise. Tandis que la frustration et le dŽsespoir montaient, la criminalitŽ de rue et le niveau d'eau montaient aussi. Les h™tels nous ont expulsŽ et ont fermŽ leurs portes, nous disant que les Ç autoritŽs È avaient demandŽ que nous rejoignions le Centre de convention pour y attendre les autocars. ArrivŽs au centre de la ville, nous avons enfin rencontrŽ la Garde nationale.

Les gardes nous ont dit que nous ne serions pas autorisŽs ˆ entrer dans le Superdome car l'abri principal de la ville s'Žtait ravalŽ ˆ un enfer humanitaire et sanitaire. Ils nous ont dit aussi que le seul autre abri de la ville, le Centre de convention, Žtait aussi en train de tourner au chaos et qu'il Žtait interdit aux policiers de laisser entrer qui que ce soit de plus.

Naturellement, nous avons demandŽ : Ç Si nous ne pouvons pas aller aux deux seuls abris de la ville, quelle est notre alternative ? È Les gardes nous ont dit que c'Žtait notre problme Ñ et que non, ils n'avaient pas d'eau ˆ nous donner. Ceci Žtait la premire de nos nombreuses rencontres avec les Ç forces de l'ordre È, ineptes et hostiles.

 

Nous avons marchŽ jusqu'au commissariat ˆ Harrah sur Canal Street et lˆ nous avons entendu la mme chose Ñ que nous devions nous dŽbrouiller par nous-mmes et que non, ils n'avaient pas d'eau ˆ nous donner. Notre groupe comptait maintenant plusieurs centaines de personnes.

Nous avons tenu une assemblŽe gŽnŽrale pour dŽcider quelle action poursuivre. Nous nous sommes mis d'accord pour faire du camping devant le commissariat. Nous serions exposŽ aux mŽdias et cela constituerait une humiliation visible pour les autoritŽs de la ville. La police nous a dit que nous ne pouvions pas rester. Nous avons tout de mme commencŽ ˆ nous installer et ˆ faire un camp.

Bient™t, le commissaire a traversŽ la rue pour s'addresser ˆ notre groupe. Il nous a dit qu'il avait une solution : nous devions marcher vers l'autoroute Pontchartrain et traverser le grand pont de la Nouvelle-OrlŽans vers la rive Sud, o les policiers avaient de nombreux autocars nous attendant pour nous faire sortir de la ville.

La foule a applaudi et a commencŽ ˆ s'animer. Nous avons rappellŽ tout le monde et avons expliquŽ au commissaire qu'il circulait beaucoup de fausses informations. Était-il sžr que des autocars nous attendaient ? Le commissaire s'est tournŽ vers la foule et a dŽclarŽ avec emphase : Ç Je vous jure que les autocars sont lˆ. È

Nous nous sommes organisŽs, et nous Žtions 200 ˆ marcher vers le pont avec beaucoup d'excitation et d'espoir. Pendant qu'on passait le Centre de convention, plusieurs natifs de la ville ont vu notre groupe dŽterminŽ et optimiste et ils ont demandŽ o on allait. Nous leur avons rŽpŽtŽ les nouvelles fantastiques.

Des familles ont immŽdiatement pris leur peu de possessions et nous ont rejoints. La taille de notre groupe a doublŽ, puis elle a doublŽ encore. Nous avions avec nous des bŽbŽs dans des poussettes, des gens appuyŽs sur des bŽquillles, des vieux et d'autres en fauteuil roulant. Nous avons marchŽ les 4 ˆ 6 km jusqu'ˆ l'autoroute et nous avons montŽ la pente raide qui nous menait au pont. Il pleuvait maintenant mais la pluie ne mouillait pas notre enthousiasme.

Quand nous sommes arrivŽs prs du pont, les policiers armŽs ont formŽ une ligne ˆ travers les pieds du pont. Avant que nous ne les ayons approchŽs assez pour leur parler, ils ont commencŽ ˆ tirer avec leur armes au-dessus de nos ttes. Ceci a fait fuir la foule dans tous les sens.

Tandis que la foule s'Žparpillait, quelques-uns d'entre nous se sont approchŽs d'eux pour les engager ˆ discuter. Nous leur avons rŽpŽtŽ notre conversation avec le commissaire. Les policiers nous ont informŽ qu'aucun autocar n'attendait. Le commissaire nous avait menti pour nous faire bouger.

Nous avons demandŽ pourquoi nous ne pouvions pas traverser le pont quand mme, surtout Žtant donnŽ qu'il y avait peu de circulation sur l'autoroute ˆ six voies. Ils ont rŽpondu que le West Bank n'allait pas devenir la Nouvelle-OrlŽans et qu'il n'y aurait pas de Superdomes dans leur ville. C'Žtait un code pour dire que si vous tes pauvres et noirs, vous ne traverserez pas le Mississippi et vous ne vous Žchapperez pas de la Nouvelle-OrlŽans.

 

Notre petit groupe a reculŽ jusqu'ˆ l'autoroute 90 pour se protŽger de la pluie sous une bretelle. Aprs avoir dŽbattu de nos possibilitŽs, nous avons dŽcidŽ de construire un camp au centre de l'autoroute Ponchartrain, sur la branche centrale, entre les sorties O'Keefe et Tchoupitoulas. Notre logique Žtait qu'ainsi nous serions visible de tout le monde, que nous aurions de la sŽcuritŽ en Žtant sur une autoroute surŽlevŽe et que nous pourrions attendre et guetter l'arrivŽe des autocars.

Toute la journŽe, nous avons vu d'autres familles, individus et groupes qui faisaient le mme trajet sur la pente dans un effort pour traverser le pont et se faisaient toujours repousser. Certains Žtaient chassŽs par le feu des munitions, d'autres ont entendu simplement Ç non È, et il y en avait d'autres qui se faisaient agresser verbalement et humilier. On a empchŽ et interdit ˆ des milliers de gens de la Nouvelle-OrlŽans d'Žvacuer eux-mmes la ville ˆ pied.

Entretemps, les deux seuls abris de la ville continuaient de se dŽgrader. Le seul moyen de traverser le pont Žtait en vŽhicule. Nous avons vu des ouvriers voler des camions, des autobus, des camions de dŽmŽnagement et n'importe quelles voitures pouvant tre dŽmarrŽes sans clŽs. Les vŽhicules Žtaient tous remplis de personnes essayant d'Žchapper de la misre qu'Žtait devenue la Nouvelle-OrlŽans.

Notre petit camping a commencŽ ˆ fleurir. Quelqu'un a volŽ un camion de livraison d'eau et nous l'a amenŽ. Voyez le pillage ! [Let's hear it for looting!] Ë peu prs 2 km plus loin sur l'autoroute, un camion de l'armŽe a perdu en tournant quelques cartons d'approvisionnement. Nous avons amenŽ la bouffe ˆ notre camping dans des caddies de supermarchŽ.

Une fois assurŽes les deux nŽcessitŽs, la nourriture et l'eau, coopŽration, communautŽ et crŽativitŽ ont fleuri. Nous avons organisŽ un nettoyage et avons pendu des sacs poubelle au piliers de l'autoroute. Nous avons construits des lits avec des palettes en bois et des cartons. Nous avons dŽsignŽ un caniveau pour en faire des toilettes et les enfants ont construit un enclos avec du plastique, des parapluies cassŽs et d'autres dŽbris pour les rendre intimes. Nous avons mme organisŽ un systme de recyclage de la nourriture o les personnes pouvaient Žchanger des morceaux de leur approvisionnement (de la compote de pomme pour les bŽbŽs et des bonbons pour les enfants !).

Ceci Žtait un dŽroulement qu'on voyait se rŽpŽter sans cesse aprs Katrina. Quand les individus devaient lutter pour trouver de l'eau et de la nourriture, cela signifiait que chacun vivait pour soi. Il fallait faire tout ce qui Žtait nŽcessaire pour trouver de l'eau pour vos enfants et de la nourriture pour vos parents. Mais quand ces besoins fondamentaux Žtaient satisfaits, les gens commencaient ˆ prendre soin des autres, ˆ travailler ensemble et ˆ construire une communautŽ.

Si les organisations de secours avaient ravitaillŽ la ville avec de l'eau et de la nourriture dans les premiers deux ou trois jours, le dŽsespoir, la frustration et la dŽpravation ne se seraient pas installŽs.

Nos besoins fondamentaux comblŽs, nous avons offert de l'eau et de la nourriture aux familles et aux individus qui passaient. Beaucoup ont dŽcidŽ de rester et de se joindre ˆ nous. Notre camp s'est agrandi de 80 ou 90 personnes.

Une femme avec une radio ˆ piles nous a appris que les mŽdias parlaient de nous. ExposŽs ainsi sur l'autoroute, chaque organisation de secours et d'information nous avaient vus en entrant dans la ville. Ils demandaient aux autoritŽs ce qu'elles allaient faire avec toutes ces familles qui vivaient lˆ-haut sur l'autoroute. Les autoritŽs ont rŽpondu qu'ils allaient s'occuper de nous. Certains d'entre nous commencaient ˆ avoir peur. Ç S'occuper de nous È avait un ton de mauvais augure.

Malheureusement, cette crainte Žtait justifiŽe. Au crŽpuscule, un policier de Gretna est arrivŽ, a pointŽ son flingue sur nos ttes et a hurlŽ : Ç Descendez de cette putain d'autoroute. È Un hŽlicoptre descendait et utilisait le vent qu'il crŽait pour faire s'envoler nos abris maigres. Pendant qu'on battait en retraite, le policier a chargŽ son camion avec notre nourriture et notre eau.

Une fois encore, sous la menace du pistolet, nous fžmes forcŽs de sortir de l'autoroute. Toutes les agences des forces de l'ordre semblaient menacŽes lorsque nous nous assemblions en groupes de 20 ou plus. Dans chaque assemblŽe de Ç victimes È, ils voyaient une Ç foule È, voire une Ç Žmeute È Nous nous sentions sŽcurisŽs en Žtant nombreux. Notre dŽsir de Ç rester tous ensemble È Žtait impossible car les pouvoirs nous foraient ˆ nous atomiser en petits groupes.

On s'Žtait ŽparpillŽ encore dans le pandŽmonium de notre camping envahi et dŽtruit. RŽduit ˆ un petit groupe de huit personnes, dans le noir, nous avons cherchŽ un abri dans un autobus scolaire abandonnŽ, sous l'autoroute sur Cilo Street. Nous nous cachions de possibles criminels, mais Žgalement et dŽfinitivement nous nous cachions des policiers avec leur loi martiale, leur couvre-feu, et leur procŽdure de tirer-pour-tuer.

Les jours suivants, notre groupe de huit 8 a marchŽ pratiquement toute la journŽe, puis pris contact avec les pompiers de la Nouvelle-OrlŽans et a ŽtŽ sauve par un hŽlicoptre d'une Žquipe de sauvetage urbain.

Ils nous ont laissŽs prs de l'aŽroport et on a rŽussi ˆ s'y faire amener par la Garde nationale. Les 2 gardes Žtaient dŽsolŽs pour la rŽponse bornŽe des gardes de Louisiane. Ils ont expliquŽ que la majoritŽ de leur unitŽ Žtait en Iraq et que cela rŽduisait trop leur nombre pour accomplir tout le travail assignŽ.

 

Nous sommes arrivŽs ˆ l'aŽroport le jour o une grosse opŽration d'Žvacuation par les airs dŽmarrait. L'aŽroport Žtait devenu un nouveau Superdome. Nous Žtions 8 pressŽs de toutes parts par une foule d'hommes tandis que les vols Žtaient suspendus pour plusieurs heures afin que George Bush puisse atteindre l'aŽroport et se faire photographier. Aprs avoir ŽtŽ ŽvacuŽs par un avion des gardes-c™tes, nous sommes arrivŽs ˆ San Antonio, Texas.

Lˆ-bas continuaient l'humiliation et l'inhumanitŽ de l'effort officiel des secours. Ils nous ont mis dans des cars et nous ont conduits dans un grand champ o ils nous ont faits nous asseoir des heures et des heures. Certains autocars n'avaient pas de climatisation. Dans le noir, on Žtait des centaines ˆ tre obligŽs de partager deux toilettes portables qui dŽbordaient. Ceux qui ont rŽussi ˆ sortir de la ville avec des bagages (souvent quelques trucs dans des sacs plastiques dŽchirŽs) Žtaient assujetis ˆ deux fouilles diffŽrentes avec des chiens.

La plupart d'entre nous n'avait pas mangŽ de toute la journŽe car nos approvisionnements ont ŽtŽ confisquŽs ˆ l'aŽroport parce qu'ils dŽclenchaient les dŽtecteurs de mŽtaux. Pourtant, aucune nourriture n'avait ŽtŽ prŽvue pour les hommes, femmes, enfants, gens ‰gŽs et handicapŽs pendant que nous restions assis des heures en attendant la visite mŽdicale qui confirmerait qu'on ne portait pas de maladies contagieuses.

Cet traitement officiel faisait un Žnorme contraste avec la rŽception chaleureuse et sincre que les Texans ordinaires nous avaient offerte. Nous avons vu qu'une employŽe d'une compagnie aŽrienne a donnŽ ses chaussures ˆ quelqu'un qui allait pieds nus. Des Žtrangers dans la rue nous ont offert de l'argent et des articles de toilettes avec des mots de bienvenue.

Durant toute la catastrophe, l'effort de secours officiel Žtait insensible, incompŽtent et raciste. Il y avait plus de souffrance qu'il n'en fallait. Des vies ont ŽtŽ perdues sans nŽcessitŽ.

Larry Bradshaw, Lorrie Beth Slonsky

Larry Bradshaw et Lorrie Beth Slonsky travaillent pour les services mŽdicaux d'urgence de San Francisco et collaborent au Socialist Worker. Ils attendaient une confŽrence d'urgentistes ˆ la Nouvelle-OrlŽans quand le cyclone Katrina a frappŽ. Ils ont passŽ l'essentiel de la semaine suivante piŽgŽs par l'inondation Ñ et le cordon de sŽcuritŽ [martial law cordon] autour de la ville.

Lire aussi, plus bref, le tŽmoignage de Denise Moore dans LibŽ.

[Ajout du 18 dŽcembre] Le Grand Soir relaie Žgalement ce tŽmoignage. DŽcouvert aussi le blogue de Guillemette, qui vit ˆ B‰ton Rouge.

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Commentaires

1. Le dimanche 18 septembre 2005 à 16:11, par Attila

Ç bien pire que ce que je ne l'imaginais È

Ben mon Cobab, t'es tout dŽuÉ a fait mal au sein de paumer ses illuses, pas vrai ? Tu te figurais que les bidasses et la belle orga ricaine, c'Žtait pour vŽssau des pov'nŽg' ?

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